Relogement des locataires en cas de sinistre : ce que doivent savoir les propriétaires et les assureurs
Mis à jour le 2 juillet 2026
L’essentiel à retenir : lorsqu’un logement devient inhabitable après un sinistre, le relogement du locataire est le plus souvent pris en charge par sa propre assurance habitation, au titre de la garantie « relogement » ou « frais de relogement ». Le propriétaire n’est tenu de reloger que si le sinistre engage sa responsabilité (vétusté, défaut d’entretien, travaux). La prise en charge couvre l’hébergement temporaire (hôtel, location), dans la limite d’un plafond et d’une durée fixés au contrat.
Face à un sinistre, propriétaires, locataires et assureurs ont chacun des obligations en matière de relogement. Qui doit reloger le locataire ? Qui paie ? Quels frais sont couverts et pendant combien de temps ? Voici ce que doivent savoir les propriétaires, les locataires et les assureurs sur le relogement en cas de sinistre.
Table of Contents
Qui prend en charge le relogement : locataire, propriétaire ou assureur ?
C’est la question centrale, et la réponse dépend de l’origine du sinistre. Dans la majorité des cas, c’est l’assurance habitation du locataire qui intervient : la location d’un logement impose au locataire d’être assuré, et la plupart des contrats multirisques habitation (MRH) intègrent une garantie relogement qui finance l’hébergement temporaire quand le logement devient inhabitable.
Le propriétaire bailleur, lui, n’a pas d’obligation légale automatique de reloger son locataire. Sa responsabilité — et donc son assurance propriétaire non occupant (PNO) — n’est engagée que si le sinistre lui est imputable : vétusté du bâti, défaut d’entretien, malfaçon ou travaux qu’il a initiés. Dans ce cas, il doit proposer une solution de relogement adaptée ou indemniser le locataire.
Enfin, si le logement est totalement détruit, l’article 1722 du Code civil prévoit que le bail est résilié de plein droit, sans indemnité de part et d’autre ; s’il n’est détruit qu’en partie, le locataire peut demander une réduction du loyer ou la résiliation du bail.
Quelles sont les obligations des propriétaires et des assureurs en cas de sinistre ?
Le propriétaire est responsable des dommages liés au logement dont il est bailleur lorsqu’ils résultent d’un manquement à ses obligations d’entretien. Il est alors tenu de procurer au locataire un logement décent et habitable, ou d’organiser son relogement le temps des réparations. À défaut, il s’expose à une action du locataire.
L’assureur, de son côté, agit dans le cadre du contrat souscrit. La garantie relogement se déclenche généralement pour des sinistres couverts : incendie, dégât des eaux, explosion, catastrophe naturelle. Elle prend en charge les frais d’hébergement provisoire du locataire, et peut aller jusqu’à couvrir les loyers du nouveau logement temporaire, dans les limites prévues au contrat.
La garantie relogement : plafonds, durée et déclenchement
La garantie relogement (parfois appelée « frais de relogement » ou « frais de réinstallation ») n’est pas toujours activée automatiquement : il faut que le logement soit déclaré inhabitable à la suite d’un sinistre garanti. Trois paramètres déterminent la prise en charge :
- Le plafond : souvent exprimé en pourcentage du capital mobilier assuré, ou sous forme de forfait. Il fixe le montant maximal remboursé.
- La durée : la prise en charge est limitée dans le temps, généralement de 6 mois à 1 an, le temps que les réparations soient effectuées.
- Les justificatifs : factures d’hôtel, quittances de loyer du logement temporaire, devis de réparation. Sans justificatifs, pas de remboursement.
Il est essentiel de vérifier la présence et le niveau de cette garantie dans son contrat avant tout sinistre : certains contrats d’entrée de gamme l’excluent ou la plafonnent très bas.
Comment reloger un locataire à la suite d’un sinistre ?
Dès qu’un logement est déclaré inhabitable, la priorité est de trouver une solution d’hébergement à court terme. Selon la situation, le relogement peut prendre plusieurs formes : logement temporaire mis à disposition, hôtel pris en charge par l’assureur, ou location d’un autre logement. Lorsque le relogement dépasse le court terme, un nouveau bail peut être signé, avec une durée pouvant aller jusqu’à 6 mois à compter de la date de relogement.
La déclaration du sinistre à l’assureur doit intervenir rapidement (généralement 5 jours ouvrés, 10 jours pour une catastrophe naturelle après publication de l’arrêté). Plus la déclaration et les justificatifs sont transmis tôt, plus le déclenchement de la garantie relogement est fluide.

Quels frais supplémentaires peuvent être engagés pour reloger un locataire ?
La prise en charge des ménages relogés à la suite d’un sinistre varie selon les contrats d’assurance. Généralement, elle couvre les charges suivantes :
- Les frais de location pour un nouveau logement temporaire.
- Les frais liés à l’installation et à l’aménagement du logement provisoire.
- Les indemnités journalières et le remboursement des frais de déménagement.
- Les frais annexes liés à la perte de loyer.
- Les frais de transport supplémentaires pour se rendre sur le logement sinistré ou suivre les travaux.
Les propriétaires doivent veiller à ce que les locataires soient relogés rapidement et en sécurité lorsque leur responsabilité est engagée. Dans certains cas, l’assureur peut refuser la prise en charge si le sinistre ne relève pas des risques couverts par le contrat. Il appartient également aux propriétaires et assureurs de préserver la résidence sinistrée pour éviter des dommages supplémentaires.
Que faire si les conditions de relogement ne sont pas respectées ?
Si un propriétaire ou un assureur ne respecte pas ses obligations de relogement, le locataire peut engager une action en justice. Il peut demander une indemnisation, une fois l’expertise réalisée et le montant des dommages confirmé, et réclamer des dommages‑intérêts en réparation du préjudice subi. En amont, un courrier recommandé de mise en demeure et l’appui d’une association de défense des locataires (ADIL, par exemple) permettent souvent de débloquer la situation sans procédure.
En résumé
En cas de sinistre rendant un logement inhabitable, le relogement du locataire est d’abord une affaire d’assurance habitation : la garantie relogement de la MRH du locataire finance l’hébergement temporaire, dans la limite d’un plafond et d’une durée. Le propriétaire n’intervient que si le sinistre engage sa responsabilité. Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez dès aujourd’hui que votre contrat inclut bien une garantie relogement suffisante, et déclarez tout sinistre dans les délais.
FAQ — Relogement du locataire après un sinistre
Qui doit reloger le locataire après un sinistre ?
Dans la plupart des cas, c’est l’assurance habitation du locataire qui prend en charge son relogement, via la garantie relogement. Le propriétaire n’a l’obligation de reloger que si le sinistre engage sa responsabilité (vétusté, défaut d’entretien, travaux).
L’assurance prend-elle en charge les frais de relogement ?
Oui, si le contrat multirisques habitation comporte une garantie relogement et que le sinistre est couvert (incendie, dégât des eaux, catastrophe naturelle…). L’assureur rembourse l’hébergement temporaire dans la limite d’un plafond et d’une durée (souvent 6 mois à 1 an), sur présentation de justificatifs.
Combien de temps dure la prise en charge du relogement ?
La durée est fixée par le contrat, généralement de 6 mois à 1 an, le temps des réparations. Au‑delà, ou si le logement est définitivement détruit, le bail peut être résilié de plein droit (article 1722 du Code civil).
Que faire si le logement est déclaré inhabitable ?
Déclarez le sinistre à votre assureur sous 5 jours ouvrés (10 jours en cas de catastrophe naturelle), conservez tous les justificatifs (hôtel, loyer temporaire, déménagement) et demandez l’activation de la garantie relogement. Si le sinistre relève de la responsabilité du propriétaire, sollicitez‑le en parallèle.
